La visite du Space Center terminée, nous voilà partis en direction de Daytona Beach, nous roulons sur une longue autoroute avec d’interminables lignes droites. Terriblement monotone de conduire sur les routes de Floride. Vivement les Keys et le Golfe du Mexique. Nous nous souvenons soudainement qu’une fusée doit être envoyée aujourd’hui à 18h06 de Cap Canaveral.

Pas le courage de faire demi-tour, nous nous dirigeons vers EdgeWater, petite ville située au nord du centre spatial. Il y’a un parc naturel dans lequel nous aurions apprécié  passer la nuit mais dommage, le parc est payant (5$, ça passe encore) et ferme à 18 heures, donc impossible de regarder la fusée décoller d’ici et encore moins d’y passer la nuit. La ville d’EdgeWater est sympa, des petites résidences, de la couleur, et surtout la mer.

Nous sommes dans le Comté de Volusia, et ici l’attraction c’est de pouvoir conduire sur la plage. Évidement c’est un passage incontournable pour le monstre comme pour nous.

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Rouler sur le sable blanc de Floride en longeant l’Océan Atlantique c’est simplement le pied. La vitesse est limitée à 10 miles (16 km/h) mais on se permet quelques excès en mettant de destructeurs coups d’accélérateur sur le sable fin. Le moteur s’exclame et hurle pour faire patiner les roues arrières dans la silice.

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On retrouve la route car interdiction de circuler ou de stationner sur la plage une fois la nuit tombée.
On atterit (eh oui, on a piqué un moteur de fusée à la NASA hier) sur un parking juchant la mer afin de patienter jusqu’au décollage de la rocket qui sera finalement retardé au lendemain. (certainement parce que les ingénieurs ont remarqué qu’il leur manquait un moteur ;-) ).

Nous décidons de rester ici pour la nuit malgré l’interdiction mentionnée à l’entrée du parking, deux heures après, une lumière approche du van et cette fois-ci c’est vraiment le Sheriff qui vient nous rendre visite, comme dans les films! Baptiste l’accueille chaleureusement et l’invite même à venir visiter notre petit coin de paradis. Un peu tendu, il nous dit avoir déjà vu le van quelque part et nous demande nos passeports pour vérification. Petit coup de pression quand même, tout est en règle mais nous sommes invités à quitter les lieux et il nous est rappelé qu’il est interdit de stationner son véhicule sur les parkings publics en Floride. Cela fait deux nuits de suite que nous sommes dérangés, un véhicule garé hors des parkings d’hôtel ou des domiciles et directement considéré comme suspect ici, ce qui ne nous laisse pas la conscience tranquille. Nous irons donc dormir sur le parking d’un magasin de Harley Davidson sur lequel sont déjà stationnés quelques véhicules ce qui nous permet de nous fondre dans le décor.

Au petit matin (7h du mat’),réveillé par le bruit d’une tondeuse, Baptiste retrouve Charles momifié dans 3 couches de vêtements, capuche, jean, short, chaussettes, blouson….On dirait qu’il a eu froid cette nuit? ». 10 minutes après, On était dans le magasin d’en face en train d’acheter un sac de couchage.
C’était d’ailleurs amusant de  voir le nombre de personnes déjà en train de faire les courses à cette heure si matinale dans ce centre commercial ouvert 24h sur 24.

On reprend donc la route pour se faire une petit déjeuner sur un ponton ensoleillé surplombé par le Phare de Ponce de Leon (le plus haut de Floride, enfin, tout est surdimensionné ici mais leurs phares sont rikiki). Un dauphin vient nous rendre visite et l’on observe les mouettes en pleine partie de pêche.

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Nous rejoignons ensuite Daytona Beach, plusieurs péages permettent l’accès journalier aux plages en voiture pour 5$. Nous roulons pendant une quinzaine de kilomètres et oubliant presque que nous sommes sur le sable qui parfois est meuble, nous nous enlisons. Heureusement, Charles a vu le Paris-Dakar et tel Jean-Louis Schlesser, il sort le monstre du sable à la force des ses bras.

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La journée sera paisible, un petit footing et place à la bronzette.

La plage de Daytona est une longue bande de sable blanc qui s’étend sur une vingtaine de kilomètres agrémentée de bon nombre d’hôtels et résidences locatives (condomiums).Le passage de quelques voitures sur la plage lui confère malgré tout un certain charme, elle reste calme et agréable, certains y roulent à vélo, d’autres pêchent, font leur footing ou se prélassent tout simplement au soleil.
On retrouve un peu une ambiance à la « Alerte à Malibu », avec de grandes avancées sur pilotis qui surplombent l’océan, par contre pas de Mitch ou de Pamela à l’horizon.

Ce soir, après avoir traversé les résidences luxueuses du nord de la ville,  nous rejoignons le camping situé dans Tomaho State Park, réserve naturelle conseillée par notre ami le Routard. La route pour y accéder est magnifique,nous parcourons un tunnel de verdure nous plongeant en plein cœur de la jungle.

Le tarif est un peu élevé, 27$, mais le camping est équipé de sanitaires et il faut quand même avouer que trois jours sans douche, ca révèle quelques odeurs corporelles qui peuvent nuire à la vie en collectivité.

La nuit tombe sur Tomaho, demain nous arpenterons ce parc naturel à priori charmant, boisé et sauvage, à la recherche d’alligators (ou gators comme on dit dans le coin). Le monstre apprécie son emplacement individuel sur une terre fraîche, abrité par de jolis arbres centenaires.

Petite vidéo du monstre: