Après une dernière escale à 10 miles de Panama City, nous continuons notre route pour Pensacola, ville située à l’extrême Nord-Ouest de la Floride, à la frontière avec l’Alabama.

Nous nous enfouissons dans une campagne et au fil des miles, il nous est difficile de nous imaginer qu’il existe une ville derrière cette jungle.

Juste avant Pensacola, nous croisons la route de Fort Walton Beach, une ville balnéaire résidentielle  assez quelconque, le ciel grisonnant n’aidant pas à s’en faire une idée agréable.

Baptiste profite quand même de l’escale pour se couper les cheveux.

baptiste-se-coupe-les-cheveux

Pensacola est surtout connue pour sa base aérienne, la plus grande du monde (décidément, toutes les plus grandes choses du monde sont en Floride !?) dans laquelle plus de 20 000 personnes travaillent.

Il fait nuit lorsqu’on arrive, et comme on semble avoir trouvé le bon filon pour échapper aux amendes et aux coûts élevés des parcs naturels et campings dans le pays, (comptez entre trente et quarante dollars pour une nuit) on se gare sur le parking d’un motel, ni vus ni connus, même si la halte de la veille nous avait valu un réveil en fanfare. Quelques ouvriers qui avaient garé leurs fourgons à côté du notre ont entamé une discussion  à base « fuckin’ » dans chaque phrase juste à côté de nous à 6h du mat’…Comme dans pas mal de pays chauds, ici on bosse très tôt le matin pour éviter le cagnard.

Cette fois-ci, ce n’est pas un ouvrier, mais un prêcheur  (encore un !) qui nous réveille en hurlant des versets de la Bible (il devait sans doute réciter pour un examen). Après cette nuit chaude,  le temps se met à changer. La chaleur laisse d’un seul coup place à la brise et surtout à la pluie. Toutes les conditions semblent être réunies pour visiter un musée, nous prenons donc la direction de Naval Air Station, que vous pourrez facilement traduire par base aéronavale. Un contrôle rapide de police est fait à l’entrée, et nous rejoignons le National Naval Aviation Museum au sein même de la base.

lentree-de-la-base-aeronavale

Ce musée retrace toute l’histoire de l’aviation américaine. L’entrée est gratuite et ce sont des anciens de l’armée qui tiennent la boutique.

Il y’a des avions dans tous les sens, plus de 150, du premier à avoir traversé l’atlantique pendant les années 1910 aux avions de chasses modernes qui ont participé à l’histoire des Etats-Unis.

La visite est sympa, on est impressionnés par les premiers avions, aux armatures en bois et aux carlingues épaisses comme du papier à cigarettes (ou presque !)

avion-1920

Il nous est proposé de monter dans un simulateur de vol pour 5$, le manque de sensations nous a provoqué un vrai fou-rire à défaut de nous secouer. Pour 20$, il vous est possible d’essayer un vrai simulateur,  comme dans Top Gun, le même que les pilotes. Occasion ratée, nous sommes arrivés trop tard, trop occupés à monter dans les cockpits à disposition du public et à appuyer sur tous les boutons et envoyer des rockets imaginaires dans tous les sens, de vrais gosses !

Pilote charles

 

Nous retournons ensuite en ville, dans le quartier historique, pour prendre un repas dans un pub, le seul qui nous semble peuplé dans cette ville fantôme !

Nous rejoignons ensuite le Seville Quarter, un complexe de 7 bars au sein d’une grande bâtisse  ancienne. Nous y trouvons autant de clients qu’il y a de bars, parmi lesquels 5 barbus aux allures de bikers donnent un concert de rock sous les yeux ébahis des serveurs !

Nous ne nous attardons pas et partons à la conquête d’un lieu un peu plus vivant sans conviction… les rues sont désertes, on n’arrive toujours pas à cerner le mode de vie des floridiens, il y’a des restos, des pubs et des fast-foods qui illuminent les rues, ils sont pour la plupart ouverts, mais très peu occupés ! On se demande d’ailleurs comment font tous ces entrepreneurs pour s’en sortir financièrement et aussi comment font les gens pour se rencontrer.

Nous apercevons du haut de notre Monster un corps en mouvement dans les rues noires de Pensacola, intrigués, nous nous rapprochons pour trouver un autre pub un peu plus peuplé. Un concert y est également donné, mais la chanteuse est tellement ivre qu’elle ne trouve plus ses accords de guitare ni ses mots… dommage, elle avait une très belle voix !

Le lendemain, le froid est là mais le soleil nous a rejoint, nous pouvons profiter de la ville et de ses maisons aux balcons pittoresques.

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Nous décidons de reprendre la route, l’endroit, bien que sympathique, ne nous a pas séduit plus que ça, malgré de jolies plages sauvages à l’est de la ville que l’on n’aura pas pu exploiter faute de chaleur.

Nous sommes au Nord-Est de la Floride (cf rubrique « notre itinéraire »)  et, excepté Pensacola, il semble n’y avoir que la forêt et des routes droites ornées de pompes à essences, de petits restaurants sans charme et de quelques maisons isolées. Mais on croise surtout sur notre chemin des églises, on en compte 3 au kilomètre dans certains endroits, et des pancartes prêchant la parole de dieu.

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Nous voilà partis pour un périple de 400 miles (on espère maintenant que vous savez faire la conversion), sur de longues, très longues voies droites ornées d’un gazon parfaitement tondu et de forêt… la monotonie de ces routes rectilignes vous plongera inéluctablement dans un état léthargique propice aux sorties de route… la main de dieu vous remettra-t-elle dans le bon chemin ?

Heureusement, nous agrémentons notre trajet d’un poignant débat politique, on croit  d’ailleurs avoir trouvé la solution à tous les problèmes économiques, en France comme dans le monde. ;-)

A 1h du mat’, on se retrouve littéralement en train de péter un plomb en voyant un signal lumineux  au bout d’une ligne droite sans jamais l’atteindre,  en effet, il nous aura fallu parcourir 20 miles (plus de 30 kms) pour atteindre ce feu tricolore surplombant une intersection ! C’est comme-ci vous avaliez un ecstasy et que vous restiez bloqué dans un monde parallèle pendant 20 bonnes minutes !

Ce couloir psychédélique a eu raison de notre motivation, malgré les demandes récalcitrantes du monster et de son moteur affuté pour tailler le bitume, et c’est sur le bord de la route, entre un camion et un garage que nous nous sommes écroulés, exténués, habillés et  la tête sur le volant.

La nuit fût courte, à 6h du mat’, c’est un routier qui fait tourner le moteur de son camion. Après un quart d’heure de bourdonnements, nous décidons de nous lever, et là, stupeur, les vitres du Monster sont gelées, nous comprenons enfin pourquoi nous avions eu si froid cette nuit (malgré tout le confort qu’offre le van, nous n’avons pas jugé utile de l’isoler, puisqu’il est censé faire 20°C la nuit !)

Après avoir émis quelques cris bestiaux censés nous réchauffer et un petit coup de grattoir, nous profitons du spectacle offert par la nature.

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Nous reprenons notre chemin à destination de St Petersburg et Tampa, deux villes voisines,  les plus grandes de la côte ouest de la Floride,  mais ça, c’est une autre histoire …